Archives de Tag: ressources psychosociales

L’intelligence rusée

Je souhaitais trouver, depuis un moment déjà, le moyen de vous parler de l’intelligence rusée. Pas si simple d’évoquer une telle subtilité sans faire trop long. Mais trop intéressant pour y renoncer !

L’intelligence rusée, appelée aussi mètis chez les grecs (1), est une intelligence de l’action, une intelligence pratique (2) que nous possédons tous. Guidée par le désir de réussite, elle a permis à Ulysse avec son cheval de Troie, au Petit Poucet avec ses cailloux, ou encore à Gretel en gagnant du temps pour Hansel, de sortir d’impasses. Ainsi, cette mètis n’use pas de lois ou de facteurs toujours très rationnels. Elle combine les cinq sens qui renseignent, le sixième intuitif, mais également du bon sens et des savoirs antérieurs : de là, s’imagine une « bidouille » pour s’en sortir. Ainsi, tel un judoka qui utilise l’énergie et les caractéristiques de l’adversaire, la mètis déjoue les imprévus de la vie en s’y adaptant : elle « fait avec » les propriétés du contexte, en les utilisant comme des atouts, plutôt que de lutter contre. Elle convoque implicitement toute une logique de perceptions et d’émotions qui la guide vers l’élaboration d’une technique ad hoc, dès que l’on se retrouve en difficulté. Exactement comme un surfer qui n’attend pas de prendre une vague de plein fouet, mais se sert des forces en présence pour la surfer ou passer par dessous.

Voici un exemple pour lequel je grossis le trait volontairement : je pense aux transformations organisationnelles, vous savez les conduites du changement. 75% de ces conduites en grandes entreprises sont des échecs. Ça coince ? Oui, en faisant passer par l’imposition une nouvelle politique de fonctionnement à des fins économiques. Alors les salariés font de la résistance ! Mais ne peut-on se servir de cette motivation à résister ? Ne serait-il pas rusé d’en faire basculer la polarité et de l’intégrer dans la dynamique du changement, faisant ainsi gagner du temps et de l’énergie à tous ? Consulter les personnes concernées serait une voie de solution. Plutôt que de lutter contre la résistance induite par la peur, intégrer au processus du changement ces forces initialement menaçantes, en ferait un levier de réussite ! Par sa souplesse, sa polymorphie, l’intelligence rusée ouvre sur un panel de techniques spécifiques à chaque contexte.

L’intelligence de l’action est donc un genre de micro-laboratoire individuel de recherche-action en fonctionnement constant.  Elle repère dans les contraintes de la situation des moyens de réussite pragmatiques. Et très vite son efficacité s’accroît considérablement dès que l’on partage avec autrui ses trouvailles (dont la transgression d’interdits fait quelques fois partie). Autrement dit : 1+1 vaut bien plus que 2 ! C’est pourquoi, généralement au travail, lorsque des difficultés sont soumises à la hiérarchie, c’est qu’elles n’ont pas pu être résolues. Discuter de « comment on fait« , débattre d’idées et d’expériences diverses, même devant la machine à café, est profitable à tous. Ce mode de pensée, cette posture intellectuelle rusée trouve subtilement des idées là où la science trouve ses limites. Je me hasarderais même à dire qu’elle est un pré-requis technique. Technique qui après avoir été éprouvée dans le temps et validée en nombre, peut être susceptible de devenir une règle de l’art d’une pratique. Si la mètis, par sa forme d’intelligence sensitive et intuitive ne peut être modélisée ni enseignée, les techniques d’action qui en découlent sont, elles, transmissibles !

(1) VERNANT, J.-P. ; DETIENNE, M. 1974. Les ruses de l’intelligence. La métis des Grecs, Paris, Flammarion.

(2) SALMONA, M. 2010. « Une pensée de l’action avec la nature et le vivant : la Mètis et Jean-Pierre Vernant », in Y. Clot, D. Lhuilier, Agir en clinique du travail, Paris, Erès.

Emmanuelle PERRIER

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Intelligence collective du virtuel au réel : le twinome

Je suis amie avec un explorateur du web, Emmanuel Gadenne, avec qui j’échange électroniquement tous les jours. Nous connaissons un peu nos histoires privées, celles de nos enfants et conjoints respectifs. Mais surtout nous partageons le plaisir des discussions autour du web, de la blogosphère et de la psy aussi naturellement !

De fil en aiguille, est arrivé un troisième larron, une larrone en fait : Carole Blancot ! 🙂 Elle aussi bondissant dans le filet de la toile, et psychologue ! Décidément ! Donc de binôme 2.0 nous sommes passés à trinome 2.0… et comme nous utilisons un média social spécifique, nous sommes devenus un « twinome » !

Partis d’une presque blague nous devons en convenir, nous bénéficions aujourd’hui d’avantages propres à la structure de notre micro groupe. Nous échangeons nos expériences et observations à propos de nos vies, de nos métiers. Car ce qui nous lie, tourne essentiellement autour de nos activités professionnelles respectives et de ce que nous en communiquons. Ce que chacun apporte individuellement augmente et transforme les connaissances des 2 autres, accroit nos compétences. Un tel contexte d’échanges, dénué d’obligations, sans artifice de séduction, cadré par la déontologie et nos éthiques propres, nous permet une liberté d’expression sans égale. Confiance et non-jugement sont ainsi indispensables.

Ce twinome est donc une sorte une micro intelligence collective dynamique dont le produit virtuel aboutit à un bénéfice réel. Ce transfert d’avantages donne du sens à ce que nous faisons puisque nous pouvons y placer nos valeurs et nos convictions. Il est le vecteur aussi de reconnaissance puisque nos propos et actes sont discutés par nous-mêmes, mais aussi par ceux qui nous lisent sur internet… Je ne dis pas ici qu’il s’agit d’être d’accord. C’est la confrontation de plusieurs points de vue, plutôt qu’une opposition systématique qui créé de la valeur. 😉

Cette dynamique triangulaire peut être étendue à 4 ou 5 personnes. Le binôme, le twinome ou quelque soit sa structure, en réseau interne ou pas, reste une véritable ressource psychosociale professionnelle par le rapatriement « d’idées URL » dans une activité concrète de terrain. C’est un moyen de témoigner online de difficultés ou de doutes au travail, que l’on n’aurait pas forcément partagés avec son collègue de bureau. Et je pense aussi aux professions libérales. Il rompt l’isolement. Le travail en open space, entouré de personnes, ne pallie pas automatiquement un sentiment de solitude… Je me suis souvent demandée dans quelle mesure le temps passé sur les réseaux sociaux au travail, n’était pas accessoirement l’expression d’une recherche de lien… Mais je peux me tromper, j’en conviens.

Mon point de vue est que vivant dans un système surinformé mais en déficit de communication, le twinome est à visée qualitative. Il ouvre au développement de compétences personnelles et professionnelles, d’aptitudes, de talents. Il créé du plaisir certes mais aussi des idées ! N’est-ce pas ce qui est arrivé au mien puisque vous lisez ce billet ?

Emmanuelle PERRIER

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Un psychologue du travail ? Pour quoi faire ?

Un psy dans mon entreprise ? Mais on n’est pas cinglés ici, pour quoi faire ?

Parce que le métier de psychologue du travail est assez méconnu, je vous en propose une perspective partielle certes, mais en rapport avec la souffrance au travail qui est une question très actuelle. Vous trouverez un descriptif plus complet de ses activités dans le Répertoire National des Certifications Professionnelles (RNCP).

Mais un « psy » c’est quoi au juste ? 4 catégories générales se distinguent :

– Le psychiatre qui est un médecin spécialiste, a fait 10 ans d’études réglementées. C’est le seul habilité à prescrire des médicaments et il soigne le plus souvent des troubles mentaux graves.

– Le psychologue est formé à l’université ou dans une autre institution (comme le Conservatoire National des Arts & Métiers par exemple). Il compte 5 ans d’études, réglementées elles aussi. N’hésitez pas à lui demander son numéro ADELI. Il est de plus tenu au code de déontologie des psychologues.

– Le psychanalyste lui, a d’abord suivi une analyse avant d’être supervisé pour enfin pouvoir pratiquer. La durée pour obtenir une certification est variable mais se compte en années.

– Le psychothérapeute exerce librement (et se forme donc à sa convenance), même si la protection du titre de psychothérapeute a été voté en 2010…

Un « psy » peut donc cumuler plusieurs compétences : être médecin + analyste, ou psychologue + analyste, ou psychologue + thérapeute bref.

Un psychologue tel qu’on l’entend classiquement soigne donc un individu. Mais tout le monde n’est pas fou ou malade. Il peut donc être amené à accompagner quelques temps, de manière transitoire une personne qui rencontre des difficultés dans sa vie et qui en souffre. Qui n’en n’a pas vécu ? Séparation, accident, maladie, perte d’emploi, mutation, promotion… hé oui !

Et spécifiquement en lien avec le travail, il existe ce qu’on appelle un « business du stress », de la souffrance autour des risques psychosociaux (RPS). Les médias en relatent les faits régulièrement. Méthodes de détente par ci, méthodes de remotivation par là, enquête pour détecter « les sujets à risques », etc ! Bref. Ça pleut. Or pointer du doigt les symptômes ne traite pas l’origine du problème.

Mais le psychologue du travail s’occupe de quoi alors ? Je vous le donne en 1000 : du travail ! Sa pratique est très concrète, fondée sur du réel, sur un vécu de terrain au quotidien.

Car lorsque vous êtes à cran au boulot, tendu,  jamais vraiment sûr d’y arriver en fin de la journée, que vous rentrez harassé le soir, au final, les massages, relaxation, méthodes ou formations n’y changent pas grand chose fondamentalement. A mon sens ce n’est qu’emplâtre sur jambe de bois ! Et pour cause, celle ou celui qui arrive le matin et qui reste confronté aux tâches c’est bien vous : les difficultés réelles n’ont pas disparues dans la nuit !

Car ce qui dure et qui ne s’arrête pas, c’est bien le travail ! C’est donc de lui dont il faut s’occuper. Parce que quand ça va au travail, la vie tout autour est quand même plus sympathique, ne soyons pas hypocrite. Le psychologue du travail soigne donc le travail parce que c’est là qu’est la source de bien-être ou de mal-être des hommes et des femmes qui l’accomplissent ! Et si cela vous semble encore farfelu, remémorez-vous une situation de succès au travail où vous avez pu mener à bien une activité, un projet. Même à l’école, l’obtention d’une bonne note ne vous procurait-elle pas un immense sentiment de fierté, de joie ?

Il est donc question de renverser la vapeur. En faisant de la gestion humaine des ressources, le but recherché est d’adapter le travail à l’homme et non l’inverse. Considérer en ce sens l’activité professionnelle de chacun et l’environnement professionnel alentour, présente des avantages à tous les niveaux de la hiérarchie.

Le travail rendu non seulement humainement faisable, mais mieux encore appréciable, ne conduira plus les femmes et les hommes à le fuir (absentéisme, présentéisme, turn over), à le contraindre (grèves, séquestration de dirigeants), ou à en éliminer les problèmes en s’éliminant eux-mêmes (suicide)…

Ce qui bénéficie à l’homme, bénéficie aussi à l’organisation. Se sentir bien dans son activité professionnelle rend plus efficace, plus talentueux, plus flexible. N’est-ce-pas ce que recherchent les patrons pour une meilleure navigation concurrentielle ?

Emmanuelle PERRIER

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Dodo au boulot : passez à l’acte !

Dodo au boulot : passez à l’acte !

Dodo entre 10 et 30 mn, tout ce que vous récupèrerez en énergie vous rendra plus efficace !
Managers, leaders : préserver la santé de vos collaborateurs c’est aussi préserver la santé de votre entreprise !
Hop hop hop, passez à l’acte !

Extrait de ma curation Stress et Travail.

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Entretenir la flamme professionnelle par la séduction


Une carrière est faite en permanence de rencontres et d’échanges, où toutes les qualités humaines sont impactantes et où le comportement peut jouer un rôle déterminant. Vous avez dit attitude naturelle ou technique relationnelle ?
Lire l’article de Frédéric Fougerat, vice-président du groupe Ethypharm, enseignant à l’ISCPA-Institut des médias de Paris.

Extrait de ma curation Stress et Travail.

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Dodo au boulot c’est bon !

The EnergyPod

Essayez et vous verrez !

Avant tous déploiements de solutions anti-stress X ou Y, dormir un peu reste l’un des moyens le plus écologique à tous points de vue pour la prévention de la bonne santé AU travail et de la bonne santé DU travail !

Vous voulez de l’efficacité patron, laissez-moi dormir !

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Clef RH : mes collaborateurs ne s’entendent pas ! Ça vient d’où ?


Je complète cet article (Temps de lecture ± 1mn30). Il est important d’axer les interrogations autour de la question du travail, de l’activité professionnelle.

Car les difficultés tournant autour des histoires quotidiennes «du boulot» à faire ensemble, lorsqu’elles sont non résolues, non débattues, dérivent en «mal-entendus» et en querelles de personnes : «J’en fais une affaire personnelle !».

Travailler ce n’est pas seulement produire, c’est aussi vivre ensemble une aventure humaine. Bah oui, tout le monde dans le même bateau !
Mais s’il n’est pas nécessaire de s’aimer ni même de s’apprécier pour travailler ensemble, il est nécessaire de s’entendre sur le travail à faire et comment le faire, pour réussir quelquechose qui satisfasse tout le monde. Pas simple, mais pas impossible !

Managers, remontez patiemment l’histoire professionnelle de votre équipe, de vos collaborateurs installés dans la relation dégradée. Recherchez derrière les revendications et les complaintes l’origine professionnelle du dysfonctionnement de la relation : quand ça a commencé, qu’attendaient-ils respectivement l’un de l’autre, qu’est ce qui entrave l’activité et pour quelles raisons ? Comment conçoivent-ils chacun de réussir à faire du « bon boulot » selon leurs propres critères ? Très possible que ces fameux critères divergent… justement ! Pas simple… Mais l’envie de bien faire les choses est très certainement commune aux deux ! Et donc pas impossible…

Donnez-vous du temps pour tout cela. Une mésentente installée depuis longtemps, enfouie sous des années de vie professionnelle quelquefois, ne se dénoue pas en un jour.
Patience, écoute et non-jugement devraient instaurer la confiance nécessaire à tirer le bon fil de la pelote et à trouver le nœud à défaire.

Emmanuelle PERRIER

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