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Intelligence collective du virtuel au réel : le twinome

Je suis amie avec un explorateur du web, Emmanuel Gadenne, avec qui j’échange électroniquement tous les jours. Nous connaissons un peu nos histoires privées, celles de nos enfants et conjoints respectifs. Mais surtout nous partageons le plaisir des discussions autour du web, de la blogosphère et de la psy aussi naturellement !

De fil en aiguille, est arrivé un troisième larron, une larrone en fait : Carole Blancot ! 🙂 Elle aussi bondissant dans le filet de la toile, et psychologue ! Décidément ! Donc de binôme 2.0 nous sommes passés à trinome 2.0… et comme nous utilisons un média social spécifique, nous sommes devenus un « twinome » !

Partis d’une presque blague nous devons en convenir, nous bénéficions aujourd’hui d’avantages propres à la structure de notre micro groupe. Nous échangeons nos expériences et observations à propos de nos vies, de nos métiers. Car ce qui nous lie, tourne essentiellement autour de nos activités professionnelles respectives et de ce que nous en communiquons. Ce que chacun apporte individuellement augmente et transforme les connaissances des 2 autres, accroit nos compétences. Un tel contexte d’échanges, dénué d’obligations, sans artifice de séduction, cadré par la déontologie et nos éthiques propres, nous permet une liberté d’expression sans égale. Confiance et non-jugement sont ainsi indispensables.

Ce twinome est donc une sorte une micro intelligence collective dynamique dont le produit virtuel aboutit à un bénéfice réel. Ce transfert d’avantages donne du sens à ce que nous faisons puisque nous pouvons y placer nos valeurs et nos convictions. Il est le vecteur aussi de reconnaissance puisque nos propos et actes sont discutés par nous-mêmes, mais aussi par ceux qui nous lisent sur internet… Je ne dis pas ici qu’il s’agit d’être d’accord. C’est la confrontation de plusieurs points de vue, plutôt qu’une opposition systématique qui créé de la valeur. 😉

Cette dynamique triangulaire peut être étendue à 4 ou 5 personnes. Le binôme, le twinome ou quelque soit sa structure, en réseau interne ou pas, reste une véritable ressource psychosociale professionnelle par le rapatriement « d’idées URL » dans une activité concrète de terrain. C’est un moyen de témoigner online de difficultés ou de doutes au travail, que l’on n’aurait pas forcément partagés avec son collègue de bureau. Et je pense aussi aux professions libérales. Il rompt l’isolement. Le travail en open space, entouré de personnes, ne pallie pas automatiquement un sentiment de solitude… Je me suis souvent demandée dans quelle mesure le temps passé sur les réseaux sociaux au travail, n’était pas accessoirement l’expression d’une recherche de lien… Mais je peux me tromper, j’en conviens.

Mon point de vue est que vivant dans un système surinformé mais en déficit de communication, le twinome est à visée qualitative. Il ouvre au développement de compétences personnelles et professionnelles, d’aptitudes, de talents. Il créé du plaisir certes mais aussi des idées ! N’est-ce pas ce qui est arrivé au mien puisque vous lisez ce billet ?

Emmanuelle PERRIER

Pour aller plus loin…

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Management : l’effet moteur du collectif

Micro topo sur la motivation et le collectif de travail après avoir lu cet article de L’Expansion.

C’est vrai ça, quel lien d’ailleurs !?

Un collectif de travail n’est pas une collection d’individus rassemblés quelque part « pour faire genre on bosse ensemble ! » (ça sent la réunionnite stérile là !)

Car voici ce que l’on trouve dans un collectif qui discute de son (ses) activité(s) professionnelle(s) :
– Un sentiment d’appartenance à un groupe, à une histoire professionnelle, qui éloigne du sentiment d’isolement.
– Un sentiment de reconnaissance pour le professionnel que l’on est (de son identité professionnelle).
– Des échanges des savoirs-faire qui enrichissent alors chaque individu grâce aux techniques de chacun : sacré soulagement aussi de savoir qu’en se serrant les coudes, on sort d’impasses ou de difficultés !

Bureau, atelier, machine à café, resto, tous les lieux favorables à se parler sont valables. Et ça commence souvent par les résultats du foot la veille, la nounou du dernier qui est malade, le déj de dimanche prochain chez les beaux-parents (au secours !!)… avant de dériver immanquablement sur le boulot puisqu’on y est ! Même entre collègues à l’extérieur de la société on parle boulot ! Managers, allez-y tout schuss et laissez vos collaborateurs discuter entre peux ! Car…

Ces temps passés à échanger restent un investissement rentable indéniable pour l’entreprise ! Et oui :
– Le plaisir de se sentir intégré (par reconnaissance des pairs) dans une aventure humaine fait s’engager plus volontiers.
– Le croisement de compétences accroît la probabilité de voir émerger des idées, des talents, augmente la créativité.
– Ne pas avoir à venir au travail le matin en trainant des pieds induit une motivation intrinsèque (la plus forte et durable) qui contribue à réduire le turnover.

Il n’y a pas besoin d’investir beaucoup en argent pour voir des améliorations dans ses équipes. Laisser de la latitude pour discuter peut faire beaucoup et rapidement.

Emmanuelle PERRIER

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Epuisement professionnel : entre burn out et burn in


« L’épuisement professionnel » dit aussi classiquement « burn out » a dans cet
article 3 visages :

– Je suis frénétique, dans un rythme fou de suractivité, d’intensification de mon travail. Pour tenter de palier tout ça, je développe polyvalence et réactivité. Cool pour ma prochaine évaluation, mais bon, ouf, je n’en peux plus quand même, faudrait pas que ça dure !
– Je suis dans un état où je ne conteste plus. D’ailleurs, pourquoi faire ? Mon travail n’ennuie, ne m’intéresse plus. J’y viens mais je ne me sens pas impliquée du tout par la question. Je suis mal, mais je n’ai plus envie de lutter…
– Usée, je préfère rester à l’écart, tranquille. De toute façon, on ne me voit plus au travail. Et on voit encore moins ce que je fais. J’apprécierais volontiers un minimum de retour mais bon, faut pas rêver…

Ces 3 états psychologiques délétères au travail sont bien sûr le résultat de facteurs multiples et variés non exhaustivement décrits ici.
Néanmoins, leurs conséquences font toutefois courir un risque réel et concret à l’entreprise.
3 santés sont ici en jeu : la santé psychologique et physique du professionnel d’abord, puis celle économique de l’entreprise à laquelle il appartient.
Car si l’hyper-activité offre une « production personnelle » satisfaisante à première vue, il n’est pas écrit que cela dure longtemps… le corps a ses limites. De même pour les 2 autres visages où la situation peut rappeler celle du présentéisme, qui serait alors un « burn in », où les professionnels travaillent alors à 70% de leurs moyens… ouch ! (Voir mes précédents billets à ce sujet).

Comment faire croître son entreprise si l’un des leviers majeurs de création de valeur, l’homme, est entravé par sa mauvaise santé ?…

Tout ce que vous venez de lire est prévisible et peut donc être évité par anticipation.

La fierté du travail bien fait est un redoutable moteur de motivation intrinsèque !
Relancez-la en interrogeant sur « comment le professionnel conçoit le bon boulot » selon son point de vue, et ce dont il aurait besoin pour y arriver. Il n’est pas forcément question d’investissement lourd en matériel pour cela, mais plutôt d’un investissment collaboratif pour comprendre.

En tant que manager, ou coach, prenez conscience que c’est dans le fait de réussir à bien faire ce qu’on a à faire, qu’est le plaisir ! Ces questions doivent être discutées, sans juger pour libérer la parole, sans écarter ceux qu’on suppose désintéressés. La question du travail, de l’activité, est puissante en management.
Faîtes au mieux, avec justesse et sans jugement, c’est vous qui tenez le cadre des échanges, qui favoriserez l’émergence des solutions et arrangements communs.

Emmanuelle PERRIER

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Clef RH : mes collaborateurs ne s’entendent pas ! Ça vient d’où ?


Je complète cet article (Temps de lecture ± 1mn30). Il est important d’axer les interrogations autour de la question du travail, de l’activité professionnelle.

Car les difficultés tournant autour des histoires quotidiennes «du boulot» à faire ensemble, lorsqu’elles sont non résolues, non débattues, dérivent en «mal-entendus» et en querelles de personnes : «J’en fais une affaire personnelle !».

Travailler ce n’est pas seulement produire, c’est aussi vivre ensemble une aventure humaine. Bah oui, tout le monde dans le même bateau !
Mais s’il n’est pas nécessaire de s’aimer ni même de s’apprécier pour travailler ensemble, il est nécessaire de s’entendre sur le travail à faire et comment le faire, pour réussir quelquechose qui satisfasse tout le monde. Pas simple, mais pas impossible !

Managers, remontez patiemment l’histoire professionnelle de votre équipe, de vos collaborateurs installés dans la relation dégradée. Recherchez derrière les revendications et les complaintes l’origine professionnelle du dysfonctionnement de la relation : quand ça a commencé, qu’attendaient-ils respectivement l’un de l’autre, qu’est ce qui entrave l’activité et pour quelles raisons ? Comment conçoivent-ils chacun de réussir à faire du « bon boulot » selon leurs propres critères ? Très possible que ces fameux critères divergent… justement ! Pas simple… Mais l’envie de bien faire les choses est très certainement commune aux deux ! Et donc pas impossible…

Donnez-vous du temps pour tout cela. Une mésentente installée depuis longtemps, enfouie sous des années de vie professionnelle quelquefois, ne se dénoue pas en un jour.
Patience, écoute et non-jugement devraient instaurer la confiance nécessaire à tirer le bon fil de la pelote et à trouver le nœud à défaire.

Emmanuelle PERRIER

Pour aller plus loin…

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Clef RH : motivation durable ? Oui ! Celle intrisèque ! Késako ?

Et hop ! Je rebondis sur le court billet intéressant de Raphaël Georges.

Vos troupes manquent de motivation et se plaignent de non-reconnaissance ?

Arrêtez-vous 2 minutes et demandez-vous ce qui vous donne le plus de plaisir au travail ? N’est-ce pas fondamentalement de réussir à faire du bon boulot ! Réussir un truc super bien comme vous l’avez voulu, en temps voulu selon vos valeurs de travail bien fait ?

… 😉

Bien sûr, les reconnaissances des collaborateurs et supérieurs tout comme être correctement rémunéré, comptent. Mais ce plaisir d’accomplir du bon travail est une sacrée motivation intrinsèque qui est renouvelable tous les jours ! Et zzzzzzouh : développement personnel durable en prime !
Car il s’agit là du concept de la reconnaissance de soi par soi dans ce que l’on fait ! Or se reconnaître dans son travail est une notion majeure en management des RH dont on parle trop peu voire pas !

Clef managériale : trouver comment rendre ses équipes satisfaites, c’est d’abord leur demander comment elles aimeraient pouvoir faire leur travail correctement. Ce sont elles, sur le terrain, qui ont les réponses ad hoc. Aussi, cette attention que vous leur porterez vous permettra de comprendre bien sûr, mais leur donnera également la reconnaisance attendue pour avoir été écouté ! Et votre attitude humble perçue par vos équipes insufflera en plus de la confiance !

Go go go !

Emmanuelle PERRIER

Pour aller plus loin…

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